Regain d’énergies pour le campus de Sainte-Tulle

Plusieurs réunions de travail ont lieu dans les Alpes de Haute-Provence pour faire aboutir le projet de campus de formation énergétique, à l’échelle territoriale. Objectif : se servir des installations du centre Regain.
Il y a d’abord des faits. Une croissance démographique du sud du département des Alpes de Haute-Provence qui s’appuie sur l’activité économique de la zone. Mais il y a aussi un concept. Celui de « vallée des énergies nouvelles », qui s’appuie sur des liens croissants avec Cadarache et plus particulièrement le CEA. Mais qui est également alimenté au quotidien par la production électrique des installations d’EDF : du canal éponyme jusqu’aux 32 centrales hydroélectriques aménagées sur la Durance et le Verdon, en passant par le centre Regain, à Sainte-Tulle. Sans oublier les projets, aboutis ou en cours, de centrales photovoltaïques… Entre les faits et le concept, il y a désormais la volonté des acteurs locaux. Car du nucléaire à l’hydroélectrique en passant par le solaire ou la biomasse, ces énergies nouvelles constituent autant de nouveaux métiers avec des besoins de formation spécifiques. Et il en va de même pour la maintenance de ces installations.
Conscient de ce type d’enjeux, le groupe EDF, et sa filiale ERDF, possèdent leurs propres centres de formation. A l’image des équipements tullésains et de son « académie des métiers » qui sont désormais intégrés dans le plan campus du groupe, comme Henri Proglio, PDG d’EDF, l’avait confirmé à Rémy Charpy, maire de Sainte-Tulle. Hier, c’est Patricia Méla, directrice de projet au sein de la délégation régionale PACA du groupe, qui l’a répété, confirmant « l’intérêt d’EDF pour le site et, donc, sa pérennité. D’autant qu’il constitue une opportunité pour développer des formations autour de l’énergie et des énergies nouvelles. D’où notre volonté d’accompagner les collectivités dans leur projet pour le site de Sainte-Tulle. »
Communes, Communauté de communes (et bientôt d’agglomération), CCIT, Département, Région, Etat… L’ensemble des collectivités est en effet aujourd’hui d’accord pour mener à bien ce projet de campus qui permettrait d’asseoir le développement économique du sud du département. « Il permettrait également de répondre aux besoins en matière de nouvelles formations, en lien avec l’économie verte, mais aussi aux questions énergétiques, notamment avec le CEA et Iter », précisait Christophe Castaner, maire de Forcalquier et présent au titre de vice-président de la Région, en charge de l’emploi, du développement économique, de la recherche et de l’innovation. « L’école internationale, à Manosque, a déjà apporté un premier souffle. Mais il reste un écosystème à construire sur ce territoire, à l’entrée du département. Et ce pôle de formation constituerait une concrétisation forte du concept de vallée des énergies nouvelles. »
Les propos de Bernard Jeanmet, maire de Manosque et président de la CCLDV (communauté de communes Luberon Durance Verdon) vont dans le même sens. « Parce que certains des projets en cours sur Cadarache vont apporter des besoins, notamment en termes de maintenance, pendant 50 ans. Il est donc opportun, et important, de se positionner aux côtés de Sainte-Tulle et d’EDF. Manosque n’a évidemment pas l’intention de tout accaparer : et il s’agit donc, dès aujourd’hui, de répartir sur notre territoire. » Avec, en ligne de mire, un positionnement stratégique fort qui doit permettre de profiter de la saturation du territoire aixo-marseillais.
Une belle manière de faire valoir une qualité de vie, adossée à des ressources en matière d’emploi et donc de formation. Mais également, comme le rappelait Bernard Jeanmet, de ne plus voir fuir notre jeunesse. « Parce que les enfants des salariés du CEA, qui font souvent des études scientifiques, expriment aujourd’hui leur envie de rester au pays ! »
Damien FROSSARD

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