Pluie d’appels à projets pour la transition énergétique

Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, et Louis Schweitzer, commissaire général à l’investissement (CGI) ont lancé début août trois nouveaux appels à projets opérés par l’Ademe dans le cadre du programme d’Investissements d’Avenir (PIA).

Comme les précédents appels à projets ou appel à manifestations d’intérêt, leur finalité est de permettre la réalisation de l’objectif national de 40% d’électricité d’origine renouvelable à l’horizon 2030, inscrit dans la loi de transition énergétique.

Fermes pilotes éoliennes flottantes 

Cet appel à projets a pour objectif d’accompagner la réalisation en mer de fermes pilotes d’éoliennes flottantes. Les projets attendus devront :

-être localisés sur l’une des quatre zones désignées par la ministre de l’Ecologie après consultation par les préfets des parties prenantes, comme étant les plus favorables au développement de l’éolien flottant : elles se situent en Bretagne, et sur la Méditerranée ;

-être connectés au réseau public d’électricité ;

-comprendre entre 3 et 6 éoliennes, de puissance unitaire de 5 MW minimum, sauf à démontrer qu’une puissance unitaire moindre mais du même ordre de grandeur reste pertinente pour de futurs projets commerciaux ; avoir une longévité d’au moins 2 ans, l’objectif de la démonstration étant d’obtenir un modèle technico-économique avec une durée d’exploitation de l’ordre de 15 à 20 ans.

Le ministère de l’Energie avait annoncé mi-juillet la localisation de ces futurs parcs : trois en Méditerranée, au large des étangs de Leucate, de la commune de Gruissan (Languedoc-Roussillon) et du phare de Faraman (PACA ); un sur la côte Atlantique au large de l’île de Groix (Bretagne).

Le cahier des charges demande ainsi aux porteurs de projets de présenter des scénarios de financement en fonction de plusieurs tarifs d’achats indicatifs, compris entre 150 et 275 euros par mégawattheure produit. A titre de comparaison, le tarif d’achat de l’éolien terrestre est de 82 euros le MWh, tandis que le prix d’achat de l’électricité qui sera produite par les parcs éoliens offshore posés en cours de développement avoisinerait les 200 euros/MWh.

L’appel à projets se clôture le 4 avril 2016.

Energies renouvelables en mer et fermes pilotes hydroliennes fluviales 

Cet appel à projets comporte trois volets : 1) la réalisation de démonstrateurs pour les technologies de l’hydrolien marin et de l’énergie houlomotrice. ; 2) la réalisation de briques technologiques critiques pour le développement de l’hydrolien marin, du houlomoteur et de l’éolien flottant. ; 3) la réalisation de fermes pilotes d’hydroliennes avec des technologies fluviales ou estuariennes, sur le territoire national. Cet appel à projets se clôture le 20 mars 2017 avec 2 clôtures intermédiaires fixées au 25 janvier 2016 et 19 septembre 2016.

Stockage et conversion de l’énergie  

Cet appel à projets comporte 2 volets :

-le stockage d’énergie, qu’il concerne le stockage de chaleur (pour des usages industriels, commerciaux ou urbains) ou le stockage réversible de l’électricité (dans des cycles charge-décharge électriques). Les projets devront permettre d’améliorer les rendements, de minimiser les impacts environnementaux et surtout de réduire les délais et coûts de réalisation. L’appel à projets cible en particulier des projets dont le consortium intègre un acteur en capacité de valoriser pour son propre compte le système de stockage faisant l’objet de la démonstration.
-la conversion de l’électricité renouvelable en d’autres vecteurs : soit par la production d’hydrogène et sa conversion en électricité pour des usages non-connectés (applications d’électro-mobilité, embarquées ou de secours – la brique technologie « système pile à combustible type PEM » est particulièrement visée) ; soit par des procédés de valorisation du CO2 : production d’hydrogène et réaction avec du CO2 pour la synthèse de produits chimiques, matériaux inertes, produits à forte valeur ajoutée ou à valeur énergétique (comme la méthanation)

Cet appel à projets se clôture le 18 avril 2017 avec 4 clôtures intermédiaires fixées au 1er décembre 2015, 19 avril 2016, 18 octobre 2016 et 18 avril 2017.

R&D de technologies de production de froid plus écologiques
Ouvert jusqu‘au 2 octobre, ce premier appel à projets permettra aux industriels français de développer des activités nouvelles, dans une logique de croissance verte, en stimulant l’innovation dans ce domaine. Il concerne les systèmes de réfrigération et de climatisation pour le conditionnement d’air des bâtiments résidentiels et tertiaires (bureaux, hôtellerie, commerces, EPHAD, crèches…) :
- climatiseurs et pompes à chaleur individuels dont la puissance « froid » est inférieure ou égale à 12 kW ;
- refroidisseurs de liquide, pompes à chaleur et climatiseurs à détente directe dont la charge en fluides devra être limitée. Les technologies utilisant l’eau glacée ainsi que la détente directe sont également concernées.

Production à l’échelle industrielle de technologies de production de froid plus écologiques
Ce second appel à projets concerne les équipements ou technologies mûrs sur le plan technique mais qui nécessitent des investissements de production afin de présenter une offre compétitive par rapport aux technologies utilisant des réfrigérants à fort impact climatique. Les secteurs ou technologies visés sont le froid commercial, le transport frigorifique, la climatisation individuelle monobloc et les groupes de production d’eau glacée.

Il faudra proposer des technologies permettant de répondre aux besoins de froid sans impacter la couche d’ozone et le climat, notamment de nouveaux équipements utilisant des fluides frigorigènes moins impactants ou sur de nouvelles technologies telles que la climatisation solaire, le froid magnétique, le froid thermochimique, le froid cryogénique ou encore les systèmes de rafraîchissement par pompage d’eau de mer en grande profondeur.

 

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