Quelle contribution des déchets à la production d’énergie?

Selon les dernières données de l’Ademe 1), la production d’énergie à partir de déchets en France a atteint en 2014 près de 15 700 GWh par an ; dont deux tiers ( 10 000 GWh) sous forme de chaleur et un tiers (5 700 GWh) sous forme d’électricité. Cette production équivaut approximativement à 1,3 Mtep, soit moins de 1% de la consommation française d’énergie finale. La production d’énergie à partir de déchets s’effectue principalement par incinération mais aussi par méthanisation. 

Près de 70% de nos déchets sont des combustibles, notamment les plastiques conçus à partir de pétrole. Ces déchets peuvent être brûlés (à plus de 1 000°C) à des fins énergétiques au sein d’unités d’incinération d’ordures ménagères (UIOM). 31 valorisent les déchets sous forme électrique, 23 sous forme thermique et 59 recourent à la co-génération : un mode qui est en croissance (+ 36% entre 2010 et 2012). L’énergie calorifique dégagée par la combustion peut alors alimenter directement des réseaux de chaleur ou être transformée en électricité. Quand de la chaleur et de l’électricité peuvent être produites sur le même site on parle de cogénération.

D’après les dernières statistiques communiquées par l’Ademe, il existe 113 unités d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) produisant de l’énergie en France. Celles-ci fournissent environ 81% de la production nationale d’énergie à partir de déchets.

La méthanisation est un processus de fermentation anaérobie qui permet de produire entre autres du biogaz à partir de déchets, essentiellement agricoles. Ce biogaz peut également être valorisé dans les réseaux de gaz naturel ou être transformé en électricité. Une unité de méthanisation traitant 15 000 tonnes/an de déchets peut, par cogénération, alimenter en électricité spécifique de 1 300 logements et ceux en eau chaude de 2 000 logements.

En France, 32 % des déchets municipaux sont incinérés avec valorisation énergétique, ce qui la place en dixième position des pays européens, largement au-dessus de la moyenne, qui se situe à 19 % (UE 27). La France fait partie des pays qui utilisent largement ce mode de valorisation, proche de l’Autriche, de la Finlande ou du Luxembourg. Le taux de valorisation énergétique des pays scandinaves, pionniers en la matière, se situe à un niveau encore nettement plus élevé, au-delà de 50 %.

1) Déchets: chiffres clés, Edition 2015 . Chiffres 2012 ou 2014 selon les éléments

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